Linge et repassage Fiche matière
Le lin : le laver, le sécher, le repasser sans l’abîmer

La reconnaître
- L’étiquette de composition d’abord : elle seule dit « lin », « lin et coton » ou un autre mélange.
- Un tissu frais à porter, à la main ferme, légèrement lustré, qui ne peluche pas.
- Il froisse énormément : c’est la moins élastique de toutes les fibres textiles.
- Le test de la flamme ne le distingue pas du coton : les deux brûlent vite en sentant le papier brûlé.
Ses ennemis
- L’eau de Javel sur un lin de couleur, teint, apprêté ou enduit.
- Les poudres riches en agents oxygénés sur un lin de couleur.
- L’eau de Javel mal rincée sur un lin blanc : elle laisse des auréoles jaunâtres.
- Le sèche-linge plus chaud que ne l’autorise l’étiquette, surtout sur un lin mélangé.
- Les plis marqués toujours au même endroit : la fibre y devient cassante.
- L’humidité : linge rangé humide, séchage trop lent, moisissures.
Le lin est une fibre tirée de la tige d’une plante, Linum usitatissimum. Ses fibres peuvent dépasser 30 centimètres, quand celles du coton mesurent de 1 à 6, note l’Institut canadien de conservation. Il est très solide, ferme sous la main, et il a un défaut que tout le monde lui connaît : il froisse. Et quelques exigences qu’on connaît moins.
Ce qui fait le lin
- Très solide, et plus encore mouillé. Le lin résiste mieux à la traction mouillé que sec : le COFREET le décrit comme une fibre tenace et durable.
- Très absorbant, vite sec. Il boit l’humidité et la rejette rapidement, ce qui aide à supporter la chaleur.
- Frais au toucher. Les tissus de lin contiennent peu d’air et isolent mal : c’est une fibre d’été.
- Peu élastique. Environ 2 % d’élasticité selon le COFREET, le plus faible de toutes les fibres textiles. Il ne revient pas en place quand on le plie : il marque.
Comment reconnaître du lin ?
Commencez par l’étiquette de composition. Le lin se trouve aussi en mélange : le plus fréquent, selon le COFREET, est le lin-coton, mais il peut également être associé au chanvre, au modal, à l’acrylique ou au polyester. Un mélange ne s’entretient pas toujours comme le lin pur.
Sans étiquette, fiez-vous au toucher : une main ferme, un léger lustre, une surface lisse qui ne peluche pas, des plis qui se forment au moindre geste. N’essayez pas de brûler un fil pour trancher : le lin et le coton brûlent de la même façon.
Comment laver le lin ?
L’étiquette d’entretien fixe la température maximale. Pour la lire sans erreur, voir comment lire une étiquette d’entretien.
- Lin blanc : il peut être bouilli, selon le COFREET. GINETEX réserve d’ailleurs le lavage « blanc » à 95 °C ou 70 °C aux articles en coton ou en lin qui supportent l’ébullition.
- Lin de couleur ou imprimé : suivez la température de l’étiquette, sans l’arrondir vers le haut.
- Lessive : une lessive ordinaire convient. Les alcalis des détergents n’abîment pas le lin, d’après l’Institut canadien de conservation.
- Retrait : les fibres végétales rétrécissent si elles n’ont pas été traitées contre le retrait, rappelle l’université de Géorgie. Une raison de plus de respecter la température indiquée.
Blanchir un lin blanc sans le jaunir
Le COFREET distingue nettement les cas :
| Lin | Eau de Javel | Agents oxygénés |
|---|---|---|
| Blanc | oui, rincée aussitôt | oui |
| De couleur | non | pas de poudre à forte teneur |
| Teint, apprêté ou enduit | non | selon l’étiquette |
La Javel sur un lin blanc doit être rincée immédiatement : sinon, des auréoles jaunâtres apparaissent. Pour raviver le blanc sans chlore, les lessives aux agents oxygénés, ou le percarbonate de sodium, font l’affaire. Blanchissez seulement quand c’est nécessaire : l’Institut canadien de conservation note que le blanchiment peut affaiblir les tissus de coton et de lin.
Sécher le lin : fil, plat ou sèche-linge ?
Le lin peut aller au sèche-linge, indique le COFREET. Les mélanges demandent en revanche un séchage plus doux. Dans tous les cas, c’est le symbole de l’étiquette qui décide : un point dans le cercle du sèche-linge signifie un séchage doux, deux points un séchage normal.
Deux précautions valent pour tout le linge de lin :
- Ne le laissez pas humide en tas. Un textile de lin ou de coton mouillé qui sèche lentement peut garder une ligne brune, qui marque aussi une zone affaiblie.
- Retirez-le un peu humide s’il doit être repassé : c’est l’état idéal pour le fer.
Repasser le lin : humide et chaud
Le COFREET est clair : le lin se repasse humide, à forte température. Pour un lin pur, c’est le réglage « coton / lin » du fer, trois points sur l’étiquette. GINETEX précise qu’avec ce symbole on repasse l’article humide, en le mouillant si nécessaire, et qu’un fer à vapeur peut être utilisé.
- Humidifiez la pièce trop sèche avec un vaporisateur d’eau ou un linge mouillé.
- Repassez sur l’envers, ou sous une pattemouille, les parties brillantes ou sensibles à la pression, comme le recommande GINETEX.
- Suivez l’étiquette, pas la fibre. GINETEX insiste : la température se choisit d’après l’étiquette, pas d’après la composition. Un mélange lin-polyester ou un lin brodé peut n’accepter que deux points.
Pourquoi le lin froisse tant, et comment vivre avec
Faute d’élasticité, le lin garde chaque pli. On ne l’en empêchera pas ; on peut seulement en limiter l’effet. Un lin repassé encore humide se défroisse mieux. Et le froissé fait partie du caractère d’une chemise ou d’une housse en lin : le laisser tel quel est aussi un choix.
Au rangement, les plis posent un vrai problème. L’Institut canadien de conservation observe que les textiles de coton et de lin gardent leurs plis, et que ces zones peuvent devenir cassantes avec le temps. Pour une nappe ou des draps rangés longtemps, changez de temps en temps la façon de les plier.
Ses ennemis au placard
- L’humidité : chaleur, humidité et saleté favorisent les moisissures sur le lin. Rangez-le propre et bien sec, dans un placard aéré.
- La lumière prolongée : le lin résiste bien à la lumière, mais une exposition prolongée finit par le dégrader.
- Les acides : même faibles, ils abîment le lin. Un jus de citron ou un vinaigre employé pour détacher doit être rincé à fond.
Rattraper un accident
- Une tache de cire sur une nappe : voir notre fiche cire de bougie sur une nappe en lin.
- Une tache de rouille sur du lin blanc : sel, citron et rinçage, jamais d’eau de Javel. Méthode complète dans notre fiche rouille sur du linge blanc.
- Un lin blanc terne ou grisé : un lavage avec une lessive aux agents oxygénés, dans le respect de l’étiquette.
- Un lin sec et chiffonné : réhumidifiez-le entièrement, puis repassez-le encore humide.
- Une veste en lin marquée « nettoyage à sec » : confiez-la à un teinturier. Le COFREET précise que le lin se nettoie à sec au perchloroéthylène.
D’où vient ce qu’on avance
- COFREET (Comité français de l’étiquetage pour l’entretien des textiles) — Le lin (L’entretien par matière)
- GINETEX (Groupement international d’étiquetage pour l’entretien des textiles) — Les symboles d’entretien ISO 3758:2023 existants
- Institut canadien de conservation — Natural Fibres – Canadian Conservation Institute (CCI) Notes 13/11
- Université de Géorgie, service de vulgarisation (UGA Extension) — Fiber Types