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Poissons d’argent : ce qu’ils révèlent et comment s’en débarrasser

Poisson d’argent, insecte gris argenté en forme de carotte avec trois filaments à l’arrière, sur fond beige
Photo Syrio, CC BY-SA 4.0

Vous allumez la salle de bains en pleine nuit et une petite silhouette argentée file sous la plinthe. Le poisson d’argent n’est pas là par hasard : il vous signale le plus souvent un coin trop humide. Et s’il trouve le chemin de la bibliothèque, il grignote ce que vous tenez à garder, à commencer par les vieux livres et les photos.

Comment reconnaître un poisson d’argent ?

Le poisson d’argent, ou lépisme (Lepisma saccharina), est un insecte sans ailes, au corps aplati et effilé comme une carotte, couvert d’écailles argentées. La fiche de l’English Heritage le mesure entre 10 et 15 mm. Il porte deux longues antennes à l’avant et trois longs filaments à l’arrière. Il vit la nuit, se cache le jour dans les fentes, et file très vite quand on le dérange.

Depuis quelques années, un cousin plus grand se répand : le poisson d’argent gris (Ctenolepisma longicaudata). L’English Heritage le décrit ainsi :

Poisson d’argent Poisson d’argent gris
Taille adulte 10 à 15 mm 15 à 20 mm
Écailles argentées grises, parfois tachetées
Antennes et filaments longs plus longs ; antennes plus longues que le corps
Signe distinctif — une frange de courtes soies sur la tête et les flancs
Humidité lui est indispensable pour pondre se reproduit dans un air plus sec

Selon cette même fiche, le poisson d’argent gris est très courant dans de nombreux pays européens et semble se répandre rapidement. Comme il se reproduit dans un air plus sec que son cousin, il ne se cantonne pas forcément aux pièces d’eau.

Que révèle la présence de poissons d’argent ?

L’humidité. L’English Heritage est nette : pour le poisson d’argent commun, l’humidité est le facteur clé. Il ne pond qu’en milieu humide, et ses petits vivent tout près d’une nourriture humide. On le trouve surtout dans les salles de bains, les toilettes, les cuisines et les caves. La NC State Extension le dit friand des lieux frais et humides, y compris les étagères de livres et les coins de rangement qu’on ouvre rarement.

Autrement dit, avant de chasser l’insecte, cherchez d’où vient l’eau : une aération qui ne fait pas son travail, une fuite, un mur qui a pris l’eau. Si votre logement sort d’une infiltration, voyez aussi notre fiche sur le nettoyage après un dégât des eaux.

Le poisson d’argent gris complique un peu le tableau : il se reproduit dans un air plus sec. Assécher reste indispensable, mais ne suffit pas toujours contre lui.

Qu’est-ce que les poissons d’argent abîment ?

Ils aiment l’amidon, la colle et les apprêts. L’English Heritage cite :

  • le papier, les livres, les gravures, les dessins, les photographies et les étiquettes ;
  • les papiers peints, surtout floqués, et la colle à papier peint ;
  • parfois la soie et quelques autres textiles ;
  • les matériaux enduits d’amidon ou de gélatine, et les traces de moisissure ou de doigts gras.

La NC State Extension ajoute le papier glacé et les reliures, dont l’amidon ou la colle les attirent, surtout sur les livres anciens. Ils mangent aussi certaines denrées sèches, dont des croquettes pour animaux. La Penn State Extension précise qu’ils ne s’attaquent pas à la laine, contrairement aux mites des vêtements.

Les signes de dégâts, selon l’English Heritage : des zones grattées, devenues translucides, à la surface du papier, puis des trous aux bords irréguliers et amincis. On trouve aussi parfois de petites crottes cylindriques, des écailles ou des mues.

Comment se débarrasser des poissons d’argent ?

En leur ôtant ce qui les fait vivre : l’eau, les cachettes, la nourriture. Les deux universités consultées proposent la même méthode, d’abord sans produit.

Asséchez.

  • Faites tourner un déshumidificateur dans la cave ou la pièce humide, comme le conseille la Penn State Extension.
  • Vérifiez que la ventilation de la salle de bains fonctionne.
  • Réparez les fuites sous l’évier, autour du lave-linge, en toiture. La NC State Extension cite précisément ces trois endroits.
  • Dehors, gardez gouttières et descentes dégagées pour que l’eau s’éloigne des murs (Penn State Extension).

Colmatez. Bouchez au mastic, à l’enduit ou à la mousse les fentes le long des plinthes, autour des tuyaux, et les trous dans les murs et les sols. Ce sont leurs cachettes et leurs entrées.

Désencombrez. La NC State Extension conseille de se débarrasser des vieux journaux, des piles de cartons et des livres qui traînent : ce sont à la fois des abris et des garde-manger.

Aspirez régulièrement sols, tapis et meubles rembourrés, comme le recommande la Penn State Extension.

Rangez les denrées sèches dans des bocaux hermétiques : céréales, farine, pâtes, croquettes. La fiche mites alimentaires détaille les bons contenants.

Ne vous attendez pas à un résultat en une semaine. La Penn State Extension rappelle qu’ils survivent des semaines sans manger, et bien plus longtemps s’ils ont de l’eau ; la NC State Extension leur prête de deux à huit ans de vie à l’âge adulte.

Les pièges collants, ça marche ?

Ils servent d’abord à mesurer. La NC State Extension conseille d’en poser dans les zones touchées pour repérer les foyers ; ils peuvent aussi venir à bout d’une petite population. Placez-en quelques-uns le long des plinthes, regardez où ils capturent le plus, et concentrez vos efforts sur ces endroits. Laissez-en en place après l’assèchement : ils vous diront si la population baisse.

Comment protéger les livres et les papiers ?

  • Gardez les livres au sec, loin d’un mur humide ou d’une salle de bains.
  • Rangez archives, photos et papiers de famille dans des boîtes ou des sacs plastiques hermétiques, comme le recommande la NC State Extension pour tout stockage de longue durée.
  • Ne gardez pas de vieux cartons ni de piles de journaux à la cave.

Si l’infestation est forte malgré l’assèchement, un traitement chimique se décide avec un professionnel ou se fait strictement selon l’étiquette du produit. La NC State Extension le réserve aux infestations sévères, en plus des mesures ci-dessus.

D’où vient ce qu’on avance

  1. Université d’État de Caroline du Nord, service de vulgarisation (NC State Extension) — Silverfish and Firebrats
  2. Université d’État de Pennsylvanie, service de vulgarisation (Penn State Extension) — Bristletails (Silverfish and Firebrats)
  3. English Heritage, conservation des collections — Pest Fact Sheet No 8 : Silverfish and Grey Silverfish (David Pinniger)