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Linge et repassage Fiche matière

La laine : la laver sans la feutrer, la sécher à plat, la ranger à l’abri des mites

Pile de pulls en maille pliés, beige, brun chiné, ocre et écru, dans la lumière du jour

La reconnaître

  • L’étiquette de composition d’abord : elle doit nommer chaque fibre et son pourcentage.
  • « Laine vierge » ou « laine de tonte » : une laine jamais utilisée auparavant, ni abîmée par un traitement.
  • Une maille élastique, qui reprend sa forme et froisse peu.
  • Le test de la flamme ne tranche pas : il dit seulement « fibre animale » ou « fibre végétale ».

Ses ennemis

  • La chaleur et le brassage réunis : eau chaude, programme énergique, sèche-linge non autorisé.
  • Tout agent de blanchiment, chloré ou oxygéné ; l’eau de Javel en premier.
  • Les lessives « bio » à enzymes et les lessives renforcées.
  • Les savons et produits alcalins.
  • Le soleil direct et le radiateur, au séchage comme au rangement.
  • Les larves de mites et d’anthrènes, surtout sur une laine rangée sale.
  • L’humidité au placard : moisissures.

La laine est la toison du mouton. L’Institut canadien de conservation la décrit comme une fibre faite surtout de kératine, la protéine des poils et des cheveux, et couverte de petites écailles qui se chevauchent. Ces deux traits expliquent presque tout : pourquoi un pull se lave si peu, pourquoi un seul lavage raté le réduit d’une taille, et pourquoi les mites l’aiment tant.

Ce qui fait la laine

  • Une fibre à écailles. La couche extérieure de chaque fibre porte des écailles. Sous l’effet de la chaleur, de l’humidité et du frottement, elles s’accrochent les unes aux autres : c’est le feutrage.
  • Élastique, absorbante, peu froissable. Le service de vulgarisation de l’université de Géorgie la classe parmi les fibres qui reprennent leur forme et marquent peu les plis.
  • Plus fragile mouillée. L’Institut canadien de conservation note qu’elle est faible, et plus faible encore lorsqu’elle est mouillée.
  • Peu salissante. L’organisation professionnelle de la laine la dit naturellement résistante aux taches, aux odeurs et aux plis : elle demande moins de lavages que les autres fibres. Entre deux ports, laissez-la reposer à l’air, à plat, et gardez le lavage pour les vraies salissures.

Le cachemire, le mohair, l’angora, l’alpaga ou le poil de chameau sont eux aussi des fibres de kératine, rappelle l’Institut canadien de conservation. Traitez-les avec la même prudence, l’étiquette en main.

Comment reconnaître la laine ?

Commencez par l’étiquette de composition. Le règlement européen n° 1007/2011 impose d’y indiquer le nom et le pourcentage en poids de chaque fibre. Un « 100 % laine » et un « 30 % laine, 70 % acrylique » ne se lavent pas toujours de la même façon : c’est l’étiquette d’entretien qui tranche.

La mention « laine vierge » ou « laine de tonte » a un sens précis. Selon l’article 8 du même règlement, elle désigne une laine jamais incorporée dans un produit fini, ni filée ou feutrée au-delà de ce qu’exige la fabrication, ni abîmée par un traitement ou par l’usage. Dans un mélange, la laine vierge doit représenter au moins 25 % du poids.

Sans étiquette, fiez-vous à la main : une maille souple et nerveuse, qui revient en place quand on l’étire. Quant au test de la flamme, oubliez-le sur un vêtement. L’Institut canadien de conservation précise qu’il renseigne seulement sur la famille de la fibre, animale ou végétale ; il faut un microscope pour l’identifier vraiment.

Comment laver la laine ?

Lisez d’abord l’étiquette. Pour la décoder symbole par symbole, voyez comment lire une étiquette d’entretien. Trois cas reviennent sur les lainages :

Symbole Ce qu’il permet
Main dans la cuve lavage à la main, 40 °C au plus
Cuve avec un chiffre et deux barres machine, programme très doux, à la température indiquée
Cuve barrée pas de lavage à l’eau : direction le pressing

À la main. L’organisation professionnelle de la laine conseille une eau tiède, autour de 30 °C, une lessive douce pour la laine et un trempage de dix minutes, puis un rinçage soigneux. Le COFREET insiste sur le geste : sans frotter ni tordre. Pressez doucement l’eau hors de la maille.

En machine, seulement si l’étiquette l’autorise. Retournez le pull ou glissez-le dans un filet, et choisissez le programme laine, généralement un brassage doux à 40 °C selon l’organisation professionnelle de la laine ; à défaut, un programme délicat ou à froid. Un fabricant d’électroménager précise que son programme laine essore à un nombre réduit de tours : n’augmentez pas l’essorage.

La lessive. Choisissez une lessive douce, au pH proche de la neutralité. L’organisation professionnelle de la laine écarte les lessives renforcées, les lessives « bio » à enzymes et celles qui contiennent un agent de blanchiment. Les enzymes les plus courantes, les protéases, sont faites pour décomposer les protéines des taches ; or la laine est elle-même une protéine. L’Institut canadien de conservation ajoute que les alcalis faibles, comme le savon, l’abîment. L’adoucissant reste permis, à petite dose : en excès, il favorise les bouloches.

Pourquoi un pull feutre, et peut-on le rattraper ?

Chaleur, humidité, frottement : réunis, ils font s’accrocher les écailles de la fibre. Le résultat, dit l’Institut canadien de conservation, est un feutrage et un rétrécissement irréversibles. Un programme ordinaire, plus chaud et plus brassé que le programme laine, suffit à le déclencher, et l’essorage fort l’accentue.

On accuse souvent le choc thermique, le passage brusque de l’eau chaude à l’eau froide. Nos sources ne le chiffrent pas, et l’organisation professionnelle de la laine fait elle-même rincer à l’eau tiède puis froide. L’essentiel : une eau modérée, et le moins de manipulations possible.

Un pull déjà feutré ne retrouvera pas sa taille. Le COFREET propose de le tremper dans de l’eau tiède additionnée de glycérine, une cuillère à soupe par litre, ou d’après-shampooing dilué, puis de le sécher à plat. La maille y gagne en souplesse ; les centimètres perdus, eux, ne reviennent pas.

Sécher la laine à plat

  1. Essorez sans tordre. Le COFREET conseille de rouler le pull dans une serviette sèche pour en chasser l’eau.
  2. Étalez-le à plat sur une serviette claire, en le remettant en forme. L’organisation professionnelle de la laine le recommande pour toute la maille : sur un fil ou un cintre, le poids de l’eau étire le vêtement.
  3. Loin du soleil direct et du radiateur. La même source déconseille aussi le rebord de fenêtre en plein soleil. L’Institut canadien de conservation rappelle que la lumière jaunit et dégrade la laine.
  4. Sèche-linge : seulement si l’étiquette le permet, à basse température ou sur un programme laine.

Au repassage, réglez le fer sur deux points, la température de la laine selon GINETEX, et passez-le sur l’envers ou sous une pattemouille.

Les bouloches : d’où elles viennent, comment les ôter

L’organisation professionnelle de la laine les attribue au frottement à l’usage : coudes, aisselles, côtés, là où le bras et le sac frottent. Retirez-les à la main quand elles sont peu nombreuses, sinon avec un peigne passé doucement ou un rasoir à bouloches. Pour en limiter l’apparition, lavez le pull sur l’envers et ménagez l’adoucissant.

Mites, humidité, cintres : la laine au placard

  • Rangez-la propre. L’Institut canadien de conservation note que la laine attire les larves de mites et d’anthrènes, surtout quand elle est sale. Avant de ranger les lainages pour l’été, lavez-les ou faites-les nettoyer. Notre fiche sur les mites des vêtements détaille les signes d’une infestation et les traitements par la chaleur ou le froid.
  • Fermez les contenants. Boîte à couvercle ou housse close, comme le détaille cette fiche. Le COFREET prévient que les antimites ne tuent pas les œufs déjà présents dans un pull : sortez et vérifiez les lainages de temps en temps.
  • Pliez, ne suspendez pas. L’organisation professionnelle de la laine recommande de plier la maille pour qu’elle garde sa forme.
  • Au sec. Une laine rangée dans un lieu humide moisit, selon l’Institut canadien de conservation.

Le plaid et la couverture

Mêmes règles pour un plaid ou une couverture en laine, avec une difficulté de plus : la taille. Il faut pouvoir la laver sans la tasser, puis l’étaler à plat jusqu’à ce qu’elle soit sèche à cœur. Si l’étiquette porte la cuve barrée, ou si la place manque pour la faire sécher à plat, confiez-la à un professionnel : notre guide du pressing et du nettoyage à sec dit comment la déposer et ce que vous pouvez exiger.

D’où vient ce qu’on avance

  1. Institut canadien de conservation — Natural Fibres – Canadian Conservation Institute (CCI) Notes 13/11
  2. The Woolmark Company (organisation professionnelle de la laine) — How to wash wool ; How to dry wool ; Best detergent to use when washing wool ; Pilling ; How to store wool clothes
  3. COFREET (Comité français de l’étiquetage pour l’entretien des textiles) — La laine (L’entretien par matière)
  4. GINETEX (Groupement international d’étiquetage pour l’entretien des textiles) — Les symboles d’entretien ISO 3758:2023 existants
  5. Union européenne (EUR-Lex) — Règlement (UE) n° 1007/2011 relatif aux dénominations des fibres textiles et à l’étiquetage de leur composition, articles 8 et 9
  6. Université de Géorgie, service de vulgarisation (UGA Extension) — Fiber Types
  7. Fabricant allemand d’électroménager — Laver plus que des vêtements (programmes du lave-linge)