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Punaises de lit : que faire soi-même, ce qu’il ne faut pas faire, et qui paie

Punaise de lit adulte vue de dessus, corps plat et brun-roux d’environ 5 mm, sur fond noir
Photo Gilles San Martin, CC BY-SA 2.0

Quelques piqûres au réveil, de petites taches noires sur le matelas, et une question qui empêche de se rendormir : des punaises de lit ? Vous n’êtes pas seul. Selon une enquête citée par l’Anses, 11 % des foyers français ont été infestés entre 2017 et 2022. La bonne nouvelle : une infestation récente et limitée se traite en grande partie soi-même, à condition de suivre un ordre précis et d’éviter les faux remèdes.

Comment savoir si ce sont des punaises de lit ?

La fiche gouvernementale décrit un insecte plat, brun, de la taille d’un pépin de pomme, visible à l’œil nu. Il ne vole pas et ne saute pas. Il se cache surtout dans les matelas et les canapés, et pique la nuit.

Les signes à chercher :

  • de petites taches noires sur le matelas, les lattes du sommier, la tête de lit, les plinthes : ce sont leurs déjections, selon l’Anses ;
  • de petites taches de sang sur les draps ;
  • des punaises, vivantes ou mortes ;
  • des piqûres sur les parties découvertes du corps, souvent groupées par trois ou quatre, parfois en ligne.

Le site public Stop Punaises précise que des piqûres beaucoup plus nombreuses évoquent plutôt autre chose : demandez l’avis d’un pharmacien ou d’un médecin. L’Anses rappelle que les punaises de lit ne transmettent pas de maladie, même si leurs piqûres démangent et peuvent provoquer des réactions allergiques.

Pour les petites taches de sang sur un drap clair, notre fiche sang sur un drap en coton donne la marche à suivre.

Que faire tout de suite ?

Trois réflexes, avant même de commencer le traitement :

  1. Ne déplacez pas les objets infestés. La fiche gouvernementale est claire : déplacer un matelas ou des vêtements, c’est transporter les punaises ailleurs. Pas de matelas traîné dans l’appartement.
  2. Ne partez pas dormir sur le canapé. Les canapés sont l’une de leurs cachettes favorites, et Santé Canada conseille d’éviter de s’installer dans une autre chambre : les punaises qui survivent peuvent vous y suivre.
  3. Prévenez votre entourage, et votre propriétaire si vous êtes locataire. Les punaises voyagent très bien dans un sac posé chez vous par un visiteur.

Comment se débarrasser des punaises de lit soi-même ?

Le ministère de la Transition écologique publie, via Stop Punaises, un protocole en sept étapes. Il combine des méthodes mécaniques et thermiques : aspiration, vapeur, lavage, congélation. Il demande de respecter l’ordre.

Le matériel. Des sacs-poubelle résistants, des boîtes plastiques hermétiques, du ruban adhésif, un masque, des gants et une combinaison jetable. À louer : un appareil à vapeur sèche dépassant 120 °C.

Le linge. Combinaison enfilée, lavez draps, oreillers, couvertures, rideaux et vêtements qui le supportent à 60 °C minimum, en cycle long d’une heure au moins. Passez-les ensuite au sèche-linge, sur le cycle le plus chaud, 30 minutes au moins. Emballez le linge propre dans des sacs bien fermés, notez au feutre « traité » ou « non traité », et laissez-le emballé jusqu’à la fin. Vérifiez d’abord ce que chaque pièce supporte en lisant son étiquette.

Le froid. Le linge délicat, les livres, les papiers, les chaussures passent au congélateur, en boîtes hermétiques dont le couvercle est scotché. Les sources officielles ne donnent pas tout à fait le même chiffre :

Source Température Durée
Protocole Stop Punaises −18 °C 5 jours
Fiche gouvernementale simplifiée −20 °C 72 heures
Sociétés de surgélation (protocole Stop Punaises) −30 °C 48 heures

À −18 °C, comptez donc 5 jours.

La pièce. Décrochez cadres et tableaux. Écartez les meubles d’une vingtaine de centimètres des murs pour dégager les plinthes. Démontez le lit si possible et placez-le au milieu de la pièce. Ouvrez placards et tiroirs. Pour les prises et interrupteurs, coupez le courant avant de les ouvrir, jamais l’inverse.

L’aspirateur, à sac. Aspirez partout, en insistant sur les plinthes, les fissures, les prises, et les endroits où vous avez vu des punaises. Laissez tourner l’appareil 30 secondes à la fin. Fermez le sac au ruban adhésif, enfermez-le dans un sac-poubelle bien clos, et jetez-le dans la poubelle extérieure. Nettoyez ensuite le tube et l’embout à l’eau chaude : des punaises peuvent rester à l’intérieur.

La vapeur sèche. Appliquez-la lentement, à quelques centimètres des zones infestées : matelas, tissus, intérieur des tiroirs et des armoires. Le protocole indique qu’elle détruit immédiatement œufs et larves, à une température de 120 à 180 °C. Attention aux brûlures.

Après. Le protocole compte 15 jours pour une élimination complète. Vous pouvez encore être piqué pendant ce temps. Au bout de 15 jours, inspectez les anciens foyers ; répétez la vapeur si nécessaire.

Santé Canada conseille en plus d’envelopper matelas et sommier dans des housses intégrales à fermeture éclair, la fermeture recouverte de ruban adhésif, et de les garder ainsi un an.

Pourquoi éviter les insecticides en bombe ?

Parce qu’ils ne marchent pas, et qu’ils peuvent faire du mal. Le protocole Stop Punaises explique que les punaises ont développé des résistances à la quasi-totalité des insecticides en vente libre, et que certains de ces produits peuvent être très nocifs. La fiche gouvernementale le redit : les produits chimiques ne sont pas efficaces contre elles et peuvent être dangereux. L’Anses ajoute qu’ils favorisent les résistances et polluent l’environnement.

Un traitement chimique se confie à une entreprise spécialisée titulaire du certificat Certibiocide en cours de validité, délivré par le ministère de la Transition écologique.

Quand appeler un professionnel ?

Dès que l’infestation est importante, ou si elle persiste après le protocole. Des entreprises labellisées font aussi de la détection, pour vérifier qu’il n’en reste plus. L’Anses chiffre le coût moyen de la lutte à près de 900 € par foyer.

Locataire : qui doit payer ?

La loi est nette. L’article 6 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 oblige le bailleur à remettre un logement décent, « exempt de toute infestation d’espèces nuisibles et parasites ». Le site public Stop Punaises en déduit que c’est au propriétaire de payer la détection et la désinfestation. Prévenez-le immédiatement.

S’il refuse, Stop Punaises indique que vous pouvez saisir la commission départementale de conciliation, puis le tribunal judiciaire. En logement social, contactez votre bailleur social ; à l’hôtel ou au gîte, le gérant doit vous proposer un autre logement.

Pour vos questions juridiques, le réseau des ADIL répond au 0806 706 806, prix d’un appel local.

Comment éviter d’en ramener ?

Selon l’enquête citée par l’Anses, près de 40 % des infestations viennent d’un séjour à l’hôtel ou en location de vacances, et environ 20 % de l’achat d’objets d’occasion. En cas de doute au retour, Stop Punaises conseille de laver les vêtements à 60 °C pendant une heure, de les congeler 72 heures en sac fermé, ou de les passer 30 minutes au sèche-linge sur le cycle le plus chaud. Ne posez pas la valise sur le lit.

D’où vient ce qu’on avance

  1. Ministère de la Transition écologique, service public Stop Punaises — Stop Punaises : bien traiter son domicile (protocole d’auto-traitement)
  2. Gouvernement, ministère de la Transition écologique — L’État vous aide à agir face aux punaises de lit (version facile à lire et à comprendre)
  3. Anses — Les punaises de lit en 13 questions
  4. Légifrance — Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, article 6