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Démousser une toiture et une façade : la sécurité d’abord, la haute pression jamais

Une toiture verte côté nord, un mur qui noircit sous la gouttière : la mousse s’installe là où l’eau reste et où le soleil manque. Avant de louer un nettoyeur haute pression et de grimper à l’échelle, deux choses à savoir. La première : monter sur un toit est l’un des gestes les plus dangereux de la maison. La seconde : le jet puissant abîme ce qu’il est censé nettoyer.
Peut-on démousser son toit soi-même ?
Rarement, et jamais sans protection. L’INRS rappelle que les chutes de hauteur sont la deuxième cause d’accidents du travail mortels, après les accidents de la circulation, et que des chutes de hauteurs « relativement faibles » ne sont pas sans danger. La Health and Safety Executive britannique (HSE) est plus directe : tout travail sur un toit est très dangereux, même s’il ne dure que quelques minutes.
Ce que ces organismes demandent aux professionnels vaut a fortiori pour un particulier :
- Considérez tout toit comme fragile tant qu’une personne compétente n’a pas confirmé le contraire. La HSE cite parmi les premières causes de décès les chutes depuis le bord du toit et au travers d’une couverture ou d’un lanterneau qui cède.
- Pas de toit en pente sans échafaudage ni protection de bord. C’est ce que prévoit la HSE ; une simple échelle n’est admise que pour des tâches de quelques minutes, solidement fixée.
- Si vous montez à l’échelle, le service de vulgarisation de l’université d’État de l’Oregon conseille des chaussures qui accrochent, une échelle posée sur un sol stable et dépassant le bord du toit d’environ 90 cm, et des outils montés au seau et à la corde, jamais à la main sur l’échelle. Il prévient aussi que ce chantier « n’est pas pour tout le monde ».
Si votre toit n’est pas un abri de jardin bas qu’on atteint depuis un escabeau stable, confiez-le à un couvreur équipé. Aucune mousse ne vaut une chute. Pour l’escabeau lui-même, les règles sont dans notre article sur les vitres sans traces.
Pourquoi la haute pression abîme tuiles et enduits ?
Parce que l’eau, à forte pression, use la surface. Le service des parcs nationaux américains, qui entretient des bâtiments anciens, l’écrit sans détour : même le lavage à l’eau, pourtant la méthode la plus douce, peut être abrasif ; une eau trop pressurisée peut graver ou marquer la maçonnerie, et même traverser le mur. Sa règle : toujours la pression la plus basse qui nettoie sans dégât, et un essai sur une petite zone avant tout le reste.
Sur les toits, le service de l’université de l’Oregon, qui parle des bardeaux américains, admet le nettoyeur pour des utilisateurs expérimentés, mais note qu’une mauvaise technique les endommage. En cas de doute : un professionnel, ou une brosse à long manche.
La notice de nettoyeur haute pression que nous avons lue ajoute une interdiction nette : ne jamais asperger un matériau contenant de l’amiante. Si vous ignorez de quoi est faite une couverture ancienne, ne commencez pas : faites-la identifier par un professionnel.
Comment enlever la mousse sans abîmer ?
Commencez par le plus doux, et allez plus loin seulement si c’est nécessaire.
- Brossez. Le service des parcs nationaux américains retire algues et lichens avec de l’eau et une brosse à poils raides non métalliques, après avoir laissé tremper si besoin.
- Grattez les plaques épaisses. Le fabricant d’anti-mousse consulté demande lui-même, en présence de mousses épaisses ou de grosses plaques de lichens, un brossage ou un grattage avant tout traitement.
- Rincez à faible pression, au tuyau d’arrosage.
- Traitez seulement si c’est utile (voir plus bas).
Et traitez la cause, sinon la mousse revient. Le service de l’université de l’Oregon le dit en une phrase : la solution durable la plus efficace est d’élaguer les arbres voisins pour que le soleil atteigne le toit.
Avant de pulvériser un anti-mousse
Un traitement anti-mousse n’est pas un savon. Les produits pour toitures et façades sont souvent des biocides : la fiche technique que nous avons lue porte la mention « Utilisez les biocides avec précaution » et demande de lire l’étiquette avant toute utilisation. Le même fabricant invite à vérifier que l’usage est indispensable et à privilégier, chaque fois que possible, les méthodes alternatives.
Si vous traitez, l’étiquette de votre produit fait foi. Les consignes de la fiche consultée donnent une idée de ce qu’elle contiendra :
- protéger les surfaces qui ne doivent pas être traitées ;
- ne pas appliquer sur la végétation voisine ; le service de l’université de l’Oregon ajoute de rincer tout feuillage touché par accident ;
- éviter tout contact avec les poissons et tout déversement dans un bassin, une rivière ou un plan d’eau ;
- si vous récupérez l’eau de pluie, la dériver pendant l’application et pendant les deux ou trois pluies suivantes ;
- prévoir au moins 12 heures sans pluie après l’application, et appliquer entre 5 et 25 °C.
Le vent, enfin. L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) conseille, pour les produits de traitement, d’appliquer par temps calme, quand aucune pluie n’est annoncée pour les 24 heures suivantes, afin que ni le vent ni la pluie n’emportent le produit hors de la zone traitée. Chez vous, cela veut dire : pas de pulvérisation par vent, ni vers le jardin du voisin.
Et la façade : mousse, algues ou simple saleté ?
Regardez d’abord où se trouve la tache. Le service des parcs nationaux américains rappelle que mousses, algues, lichens et champignons sur un mur sont la conséquence directe de l’humidité et du manque de soleil : tant que la cause reste, ils reviennent.
| Ce que vous voyez | Cause probable | Premier geste |
|---|---|---|
| Traînée verte sous une gouttière ou une descente | fuite d’eau | réparer la fuite avant de laver |
| Verdissure en bas du mur, côté ombre | humidité, arbre ou haie trop proche | tailler, dégager, éloigner l’arrosage |
| Voile gris ou noir, uniforme | salissures et pollution | lavage à l’eau, à basse pression |
| Lichens incrustés | humidité ancienne | trempage, brosse non métallique |
Les lichens et les mousses ne sont pas qu’un problème d’aspect : ils retiennent l’eau, ennemie principale de la maçonnerie, et les lichens sécrètent un acide qui l’attaque.
Pour laver une façade de maison, le même service décrit un lavage à basse pression au tuyau d’arrosage, pour un bâtiment de deux niveaux accessible à l’échelle, aidé d’un brossage à la main. C’est, écrit-il, une méthode douce, efficace et facile à contrôler. Deux précautions :
- jamais s’il risque de geler : l’eau entrée dans les pores gèle et fait éclater la surface ;
- ni en plein cagnard : la fin du printemps, le début de l’été et le début de l’automne sont les meilleurs moments.
Pour la terrasse au pied du mur, voir notre article sur le nettoyeur haute pression sur une terrasse.
Locataire : qui doit démousser ?
Le décret n° 87-712 du 26 août 1987 range parmi les réparations locatives, donc à la charge du locataire, l’enlèvement de la mousse et des autres végétaux sur les auvents, terrasses et marquises. La toiture n’y figure pas. En cas de doute sur un auvent ou un toit-terrasse, relisez votre bail et posez la question à votre bailleur avant de monter.
D’où vient ce qu’on avance
- Health and Safety Executive (autorité publique britannique de la santé et de la sécurité au travail) — Roof work
- Université d’État de l’Oregon, service de vulgarisation (OSU Extension Service) — How to control roof moss and prevent long-term damage
- National Park Service (service des parcs nationaux, ministère américain de l’Intérieur) — Keeping it Clean: Removing Exterior Dirt, Paint, Stains and Graffiti from Historic Masonry Buildings
- Fabricant français de traitements pour toitures et façades — Fiche technique d’un traitement anti-dépôts verts à diluer (toitures, façades et terrasses)